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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 23:57

Il est minuit, ma collègue est allée se coucher, je suis seul sur la ligne de lumière, je prends mon temps et je note tout soigneusment, avec la nuit les erreurs s'accumulent. Je suis debout depuis 4h30 ce matin la fatigue s'installe, le synchrotron s'endort bercé par le ronronnement des pompes qui refroidissent les aimants supra-conducteurs et maintiennent le faisceau d'électrons relativistes dans un vide quasi-absolue. Régulièrement une alarme se fait entendre au loin, simple procédure de sécurité automatique lorsque l'on ferme la porte d'une "cabane". C'est dans cette salle que vont passer les faisceaux de rayons X à haute brillance, mais invisible à l'oeil nue. Ce faisceau ne peut être activé (open shutter) que lorsque l'énorme porte blindée anti-radiation de la cabane est fermé, alors avant de fermer la cabane doit activé une alarme qui rappellerai aux personnes distraits et/ou endormis qu'il est temps de sortir. En même temps, un autre expérimentateur doit faire le tour de la cabane et appuyer successivement sur deux boutons, situés aux deux extrémités de la cabane, afin de vérifier qu'il n'y ait personne. On appel ça faire un "search" à l'ESRF et une "ronde" au SOLEIL. Et c'est ce qui a rythmé mon samedi.

 

L'entrée de la cabane (hutch):

cabane.jpg

 

 

L'interieur de la cabane :

 

 

synchrotron 4827

Le porte échantillon au milieu de la photo

 

 

 

synchrotron 4831Le détécteur est au fond du gros tube sous vide qui ressemble à un petit sous-marin de poche.

Parfois, un professeur se balade à vélo dans le couloir principale le sourire aux lèvres, comme un gamin qui aurait eu le droit de faire du vélo dans l'appartement. A part ça, l'ambiance est calme et studieuse, on croise peu de gens, quelques échanges de bonsoir, un hochement de tête, signe d'un respect entre pairs scientifique, parfois un léger sourire, l'excitation du lieu qu'on aimerait partager. Plus les regards sont cernés plus le sourire est ténu, mais s'il est toujours là, ça devient une sorte d'encouragement : privé de sommeil, surcafféiné et le cerveau en charpie... On est crevé mais on aime ça!
On se confronte aux plus grandes énigmes l'univers : l'organisation de matière à l'échelle nanométrique, la physique quantique, les dimensions fractales, mais surtout, ou est la machine à café? Sérieusement, je l'ai pas trouvé pourtant j'ai bien vu des gobelets dans les poubelles? Et pourquoi le bitoniau de notre petite cafetière d'appoint reste pas enclenché? Est ce que je vais faire disjoncter le synchrotron si je le bloque avec une fourchette coincé dans la porte du micro-onde situé à côté? (la réponse est non, enfin pas pour le moment...).

 

synchrotron 4842Le batiment de l'anneau SOLEIL la nuit

 

synchrotron 4839

Le batiment voisin qui fume plus de que moi

 

Revenons un peu en arrière, un synchrotron est un outil scientifique qui sert à accélérer à haute énergie des particules élémentaires, ici des électrons, qui sont contraint à tourner en rond dans un anneau. Les électrons sont injectées en paquet dans l'anneau et accélérés via des champs magnétiques pulsés (i.e. en gros on leur met des coups de pieds au cul pour qu'il avance toujours plus vite). Une fois dans l'anneau, l'accélération des électrons occasionnée par la courbure de leur trajectoire génère un rayonnement très intense et focalisé, le rayonnement synchrotron. Au niveau de chaque courbe est donc installé une "ligne de lumière" : une première "cabane optique" sert à donner au rayonnement synchrotron les propriétés voulues (énergie, focalisation, longueur d'onde...). L'anneau du synchrotron SOLEIL, ou je me trouve en ce moment, mesure 354 m de peripherique, petit comparer aux 900 m de l'ESRF et ridicule comparé au 27 km du LHC! Mais ce n'est pas la taille qui compte, c'est la brillance du faisceau. SOLEIL comporte 26 lignes de lumières ayant des noms bizarres que l'on peut classer en plusieurs catégories :

 

1) Les dieux grecques/objet céleste (normal pour des physiciens) : HERMES, ANTARES, CASSIOPÉE, DEIMOS, MARS,  SIRIUS, PROXIMA 1, PROXIMA 2, PLÉIADES, GALAXIES

 

2) Les musicos : DISCO, SWING (celle ou je manip), TEMPO, SAMBA

 

3) Les acronymes bizarres : NANOSCOPIUM, SIXS, SMIS, DIFFABS (tu diffuses?), LUCIA

 

4) Les mots sortis de nullepart : AILES, CRISTAL, DESIRS, MÉTROLOGIE, ODE, PSICHÉ, SEXTANTS

 

 

En faisant le tour de l'anneau je decouvre toute sortes de curiosités scientifiques. Certains équipements de ces lignes de lumière sont énormes et ressemblent à des générateurs d'hyperespace digne d'un vaisseau de science fiction, pour d'autre on dirait plus une machine inférnale crée par un savant-fou.

 

synchrotron 4848

Looks like robocop just threw up...

 

La ligne SWING est plus modeste, pas forcement de la physique quantique ultra-sexy mais c'est un véritable cheval de labour. Des rayons X de 10 kEV qui analysent un échantillon en quelques millisecondes (il me faut plus de temps pour laver et remplir le porte échantillon!) et sur une large gamme de q. C'est toute la force de cet outil, la rapidité et la précision, ce qui me permet d'analyser un grand nombre d'échantillon. J'ai apporté trois catégories d'échantillons :

 
1) Les prioritaires : pas forcement très intéressant scientifiquement mais qui colleraient bien dans une publie qui est en cours de rédaction.


2) Les secondaires : devrait être intéressant mais c'est peut-être juste une idée à la con.


3) Les autres : clairement des idées à con, d'autant que mêmes si les résultats sont intéressants je ne sais même pas si j'arriverai à en faire quelque chose (manque de temps, trop éloigné de mon projet...). Mais après avoir préparé plus de 300 échantillons je me suis dit qu'une petite dizaine en plus ça changerai pas grand chose...

Les échantillons prioritaires et secondaires sont des gels. Des sortes de pâtes (comme la pâtes à gateau ou la pâtes à crèpes), d'allure plus ou moins gluante ou visqueuse et qui, pour certain, sentent un peu le poisson pourri (fonction amine). Bref, c'est de la vrai chimie. Ces gels on une composition quasiment identique au principal composant du ciment (ils sont juste plus dilués). Le but est d'arriver à savoir comment s'organise ces constituants (particules, polymères, ions...). Mon collègues et ami Martin T. fait des simulations qui permettent de modéliser les différentes interactions entre ces composants (à l'échelle microscopique), mais les simulations ne marche qu'avec un petit nombre d'éléments (entre 10 et 100 molécules de polymère par exemple) alors que mes expériences sont réalisées avec des milliards de molécules (échelle macroscopique). Pour pouvoir mettre en commun nos résultats ils nous faut donc comprendre comment sont organisés ces gels entre le nanomètre et le micromètre donc faire de la diffusion de rayon X au petit q.

3h30, dernière série d'échantillon et je vais me coucher.

En faite non, le caméra à planter le coordinateur cherche la panne, il est 4h passé. J'ai trouvé la machine à café elle était à l'étage!

 

synchrotron 4817

La vue depuis l'étage


5h54, après avoir redémarré tous les ordinateurs et bidouillé plein de trucs, ça remarche, pendant ce temps mes échantillons avait séché donc j'ai du en re-préparer. Je suis bien parti pour la nuit blanche. Je vais peut être me reprendre un petit café.

 

 

 

J'ai craqué vers 8h30 ce matin, je me suis endormis en regardant Starwars sur le canapé dans le petit espace détente de la ligne de lumière. Un nouveau collègue est arrivé vers 10h30 et les manip sont repartent! C'est quand même plus facile de rester concentré quand à deux. La préparation des échantillons devient lassante. Bien que le synchrotron soit un outil de haute technologie la préparation des échantillons c'est du bricolage. Les "cellules d'analyse" sont en faite des barres d'acier inox perforées (12 trous de quelques millimètres de diamètre), chaque trous est fermé de part et d'autre par un film de KAPTON (plastique très fin et hyper-éléctrostatique qui ressemble à du mylar). Les films de KAPTON doivent être changer entre chaque échantillon et à chaque fois je découpe ces petits morceaux de KAPTON je pense au capitaine Haddock avec son sparadrap. Je remplis ensuite les petits trous avec mes échantillons de ciment/gels à l'aide d'un petite spatule, c'est un peu de la maçonnerie à l'échelle d'un LEGO.

 

16h03, on a fini de passer tous les échantillons prioritaires et secondaires. Il reste du temps pour faire : des études cinétiques de la prise d'un ciment, préparer d'autres échantillons pour tester d'autres idées, envisager de nouvelles expériences... L'enthousiasme revient, je n'ai pas repérer de résultats exceptionnelle parmi ce que j'ai eu le temps d'analyser. Je m'y attendais un peu c'est les petits détails qui vont être important. Ce qui est certain c'est que je vais repartir avec des cernes et énormément de données à analyser (28 Go pour l'instant, dont 500 Mo de fichier texte sous forme de double colonne (x,y)). Les prochaines semaines vont être chargées...

 

images-copie-2.jpg

 

 

22h30 J'ai des résultats bizarres, enfin! Je dois préparer d'autres échantillons similaires. Pour l'instant j'essaye un nouveau dispositif qui tiens avec du scotch. Ces petits manips permettront peut-être de monter un future proposal. La recherche avance. Dehors il neige, mes chaussettes sont mouillées et je n'en ai plus de rechange car j'avais pas pensé que 2 jours + trois nuit sans dormir, ça compte quasiment comme 5 jours niveau sous-vêtements...

 

 

synchrotron 4856

Le coin détente de la ligne de lumière ou je vis depuis deux jours.

En bas à droite mes échantillons, sur la table près du murs d'autres échantillons ainsi que des Princes tout choco et une banane.

 

4855

La salle de contrôle

 

 

1h30 mon collègues va se coucher, les manips ne dernière minute n'ont rien donné, comme toujours. Mais nos analyses ont l'air intéressante, il faudra pour certain se contenter d'analyser la tendance des changment de pente, pour d'autre on a un épaulement (c'est presque un pic) on a mis el doigt sur quelque chose sans vraiment savoir ce que c'est. Et puis une idée nous est venue lors de notre dernière pose clope, à voir... Comme souvent on repart avec plus de questions que de réponses. J'ai très envi d'analyser tout mes résultats mais peur aussi de me noyer dans ces données. On range la ligne de lumière progressivment, bientôt elle ne gardera plus aucune trâce de notre passage et un autre groupe nous remplacera.

Après deux jours sans vraiment dormir, 824 spectres de diffusion de rayons X enregistrés, dont 7 alors que le shutter était fermé (donc pas de faisceau dans la cabane), un moteur bloqué en butté et un plantage de détecteur, je suis content de rentrer me coucher mais aussi un peu triste de devoir partir si vite. Le synchrotron c'est un peu comme partir en colo. Un grand merci à Florien Meneau notre "local contact" à la ligne de lumière SWING, pour son chaleureux accueil ainsi qu'à tous les coordinateurs qui nous ont aidé lorsque nous avons eu des petits problèmes techniques.

 

PS : désolé pour toutes les fautes d'orthographes, j'ai fait ce que j'ai pu mais il doit en rester, il faut vraiment que je dorme.

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 12:34

La date de la prochaine prédiction de fin monde approche : le 21 décembre 2012 selon le calendrier Grégorien (i.e. 13.0.0;.0.0 - 4 Ahau 3 Kankin selon le calendrier maya). Personnellement, je ne crois pas en la fin du monde (et je m'en fout), par contre le calendrier maya reste très intéressant à étudier. Il est composé de plusieurs cycles, les trois principaux étant : le Tzolk'in, le Haab et le Compte Long.

 

 

The next prediction end of the world prediction approaches: December 21, 2012 according to the Gregorian calender (i.e. 13.0.0; .0.0 - 3 Kankin 4 Ahau according to the Mayan calendar). Personally I do not believe in the apocalypse (and I do not care), but the Mayan calendar system remains of great interest. It consists of several cycles, the three main ones being: the Tzolk'in, the Haab and the Long Count.


Le Tzolk'in

 

C'est un calendrier religieux de 260 jours obtenu grâce à une combinaison de 20 glyphes × 13 chiffres. C'est un peu compliqué car chaque jour on incrémente à la fois le glyphe et le chiffre, ce qui donne 20 × 13 = 260 combinaisons de chiffre/glyphe distincts. C'est un peu comme si l'on utilisait que les 7 noms des jours de la semaine (i.e. glyphe) et les chiffres de 1 à 30  (i.e. la durée d'un mois mais ici les mois ne sont ni nommés ni numérotés), chaque jour on change le nom du jour (du lundi au dimanche) et le chiffre (de 1 à 30), évidement les deux cycles se décalent (le deuxième lundi sera le lundi 8 puis le lundi 15, etc...) et au bout de 210 jours (30 × 7) on est à nouveau le lundi 1, le cycle peut recommencer.

 

 

It's the 260 days religious calendar  obtained through a combination of 20 glyphs × 13 digits. It's a bit complicated because every day  both the glyph and the digit are incremented , which gives 20 × 13 = 260 unique combinations of number/glyph. It is almost as if we used only the names of  the 7 days of the week (as glyphs) and a digit varrying from 1 to 30 (i.e. the duration of a month, but here months are neither named nor numbered ), each day we changed the name of the day (Monday to Sunday) and its number (from 1 to 30), obviously the two cycles shifted (the second Monday is the Monday 8th the Monday 15th, etc ...) and after 210 days (30 × 7) we are back to Monday 1, the cycle start again.

 

Maya.jpg

Les chiffres du systèmes vigestimal maya (base 20)

 

 

tzolkin

 

Les 20 glyphes du Tzolk'in

 

 

 

Cliquez ici pour l'animation flash player qui permet de bien comprendre.

Clic here for the explanatory flash animation.

 

 

Bon ça peut être assez pratique à court terme pour organiser ces rendez-vous sur une ou deux semaines. Par contre c'est vraiment galère pour prévoir à long terme. Imaginez qu'on vous donne un RDV le lundi 14... Et ben sans calendrier sous la main, impossible de savoir que le prochain lundi 14 tombe en janvier 2013!

Et puis surtout ce calendrier ne correspond pas au cycle solaire ce qui complique grandement l'organisation de la société en fonction des saisons. Heureusement il existe un deuxième calendrier :

 

 

So, this calendar can be quite handy on short term basis, to organize  appointments for the next one or two weeks. On the contrary , it's a real pain in the ass to predict long term date. Imagine that you are given an appointment on Monday 14th...  Well, without a calendar there no way to know  that the next Monday 14th will be next January 2013!
Furthermore this calendar does not match the solar cycle which greatly complicates the organization of society according to the seasons. Fortunately there is a second calendar:

 

Le Haa'b

 

C'est le calendrier séculaire composé de 20 chiffres × 18 glyphes = 20 × 18 = 360 jours (+ 5 jours suplementaires). Un cycle de Haab correspond donc bien à une année solaire. Et contrairement au Tzolk'in, le glyphe et le chiffre s'incrémentent succesivement, on retrouve un peu les mois de notre calendrier. On compte les jours de 1 à 20 en concervant le même glyphe puis on change le glyphe et on recommence le compte de 1 à 20, etc... quand on a fait tous les glyphes, on rajoute 5 jours "sans âme" : Uayeb (le 19ème glyphes ci-dessous) et on recommence au début. Pour chaque cycle de Haab, on a donc 365 jours découpés en 18 periodes (les glyphes).

 

 

This is the secular calendar, it consists of 20 digits × 18 glyphs = 20 × 18 = 360 days (+ 5 extra days). The Haab cycle matches  the solar cycle. Contrary to the Tzolk'in,  the glyph and the digit are  increment successively , similarly to the months of our calendar. Days are count from 1 to 20 and then the glyph is changed and the count restats from 1 to 20, etc... After the final  glyph  5 days "soulless" are added: the Uayeb (the 19th glyphs below) and the whole cycle restart. Thus, the  Haab cycle consits of 365 days total cut into 18 periods (glyphs).  

 

haab-meses-1.jpg

Les 19 glyphes du calendrier Haab

 

Au final, les dates maya sont données grâce à la combinaison des deux calendriers Haab et Tzolk'in comme on le voit sur la vidéo ci-dessous. La date Tozlkin se lit grâce aux deux petites roues dentées à gauche (13 et 20 dents) la date du Haab est écrite sur la grande roue de droite (365 dents).

 


Finally, the Mayan dates are given by the combination of both Haab and Tzolk'in calendars as seen on the video below. The Tozlkin date is given with the two small gears to the left (13 and 20 teeth) where the Haab date is given by the big wheel on the right (365 teeth).

 

 

 

Ces deux roues se re-synchronisent tous les 52 ans i.e. la roue du Haab fait 52 tours avant de retomber sur la même combinaison Tzokl'in/Haab. Donc si je vous dit que je suis né de 2 Ahau 18 Pax (2 "seigneur"/"soleil"  18  "moment des semences") vous pouvez determiner ma date de naissance sur le calendrier gregorien à plus ou moins 52 ans près. Les trois derniers 2 Ahau 18 Pax   correspondent dans le calendrier grégorien au 19 mars 1878, 7 mars 1930 et au 22 février 1982. Ce qui me ferait respectivment 134, 82 ou 30 ans...

A noter que mon premier anniversaire Maya (mes 1 an maya) tombe le 9 février 2034! J'éspère que les mayas n'utilisaient que le Haab (le cycle de 365 jours) pour compter les anniversaires sinon ça fait un cadeau tout les 52 ans. On note aussi un petit décallage de ma date d'anniversaire maya sur le calendrier grégorien même si ça tombe plus au moins toujours à la même periode, c'est l'effet de nos années bisextiles (une année gregorienne c'est en faite 365,25 jours).

 

On voit donc que ce calendrier permet de découper une année en "semaine" et en "mois" principalement grâce au Haab, le Tzolk'in n'étant utiliser que pour les cérémonies religieuses. Malheureusement, les cycles du Haab ne sont pas numérotés, bien que les dates complètes (Tzolk'in/Haab) soit differentes chaque année grâce au Tzolk'in de seulement 260 jours. Ce système n'est cependant pas très pratique à plus long terme, les dates se répètant tous les 52 ans. Pour pouvoir dater les évenements historiques les mayas ont donc créé le compte long.

 

 

Both wheels are re-synchronized every 52 years i.e.   52 revolutions of the Haab wheel bring back the same  Tzokl'in/Haab  combination . So if I told you that I was born the 2 Ahau 18 Pax (2 "sun"/"lord" 18 "planting time")  you can determine my birthday in the Gregorian calendar. The last three 2 Ahau 18 Pax  correspond to 19 March 1878 7 March 1930 and 22 February 1982 in the Gregorian calendar. What I would give me 134, 82 or 30 years, respectively.

Note that my first Mayan
birthday happens on February 9, 2034! I hope that the Mayans used only the Haab (the 365 days cycle) for counting birthdays otherwise you would get a cakeday every 52 years. Also, my Mayan birthday shifted a little  on the Gregorian calendar, even if it happens more or less on the same period, which I due to our  leap years (a Gregorian year that is actually  ​​365.25 days).

So, we've seen that this calendar part a year in "weeks" and "months" mostly
through the Haab. On the other hand, the Tzolk'in is being used only for religious rituals. Unfortunately, the Haab cycles are not numbered, although the full dates is different each year  thanks to the Tzolk'in. This system is not very useful on the long term, the dates are repeated every 52 years. In order to date historical events Mayan have created the long count.


Compte long

 

Bien qu'adopté par les mayas ce calendrier fût introduit par les Olmecs. Il s'agit d'un système de numérotation vigésimale (base 20) avec un exeption pour le "tun" :

 

Un jour = un kin

20 kins = 1 uinal (20 jours)

18 uinals = 1 tun (360 jour ~ un ans)

20 tun = 1 katun (20 ans)

20 katun = 1 batkun (400 ans)

Il existe aussi des cycles plus grand mais rarement utilisés : piktun, kalabtun, k'inchiltun, et alautun. Les mayas pouvaient ainsi compter jusqu'à plusieurs centaine de millions d'années.

 

On note une date ainsi : batkun. katun. tun;. uinal. kin

 

Exemples :

 

- le début de la création chez les mayas (i.e. le jour 0 de leur calendrier) : 0.0.0;.0.0 ce qui correspond au 11 août 3114 avant J.-C.ou 11 août -3113 selon qu'on utilise une année 0 ou non. A noter que cette date tombe un 4 Ahau 8 Cumku (donc pas au début du cycle Haab/Tzolk'in), alors que l'année 1 du calendrier grégorien commence bien un lundi 1 janvier. Mais cette date du 4 Ahau 8 Cumku correspond à un evenement particulier un peu comme pour la naissance de Jésus Christ qui a théoriquement eu lieu le 25 décembre 0000. Tout cela semble assez arbitraire...

 

- ma date de naissance : 12.18.8;.13.0

 

- la prochaine prédictionde fin du monde (21 décembre 2012) : 13.0.0;.0.0

Ainsi le 21 décembre prochain on entre dans le 13ème cycle batkun, une bonne occasion pour boire de la bière mexicaine et de tequilla. En réalité le réveillon du 13ème batkun devrait avoir lieu le 20 décembre. Certains pensent que le baktun ne compterait que treize cycles. Ainsi, le 21 décembre 2012 deviendrait alors 1.0.0.0;.0.0 (il faudra rajouter un piktun = 13 baktun) mais la plupart des experts s'accordent à dire que le compte long reste un système vigésimal sauf pour le tun qui corrsepond à une année. Avec ce système, à la fois plus simple et plus logique, on rajoutera un piktun le 12 octobre 4772 (le 19.19.19;.17.19).

 

 

Although the Mayan  adopted the Long Count, it was originaly introduced by the Olmecs. It is a vigesimal (base-20) numbering system with an exeption for the "tun".

One day = one kin
20 kins = 1 uinal (20 days)
18 uinals = 1 tun (360 days ~ one year)
Katun 20 tun = 1 (20 years)
20 katun = 1 batkun (400 years)


There are also larger cycles but rarely used: piktun, kalabtun, k'inchiltun and alautun. The Mayans could then count up to several hundred million years.

The date is writen like that: batkun. katun. tun;. uinal. kin

Examples:


- The beginning of time according to the Mayan (i.e. the day 0 of the maya calendar): 0.0.0, .0.0 which corresponds to August 11, 3114 BC or August 11 -311
3  depending on whether you use a year 0 or not. Note that this date corresponds to the 4 Ahau 8 Cumku on the
Haab/Tzolk'in calendar which is not the beginning of these cycles    , contrary to the Gregorian calendar, where the year 1  actually begins on Monday, January 1st. But this Mayan date (4 Ahau 8 Cumku) probably corresponds to a particular event like the birth of Jesus Christ for our calendar, who theoretically happened on December 25th of the year 0. It all seems rather arbitrary...


- My birthdate: 12.18.8; .13.0

 

- The next predicted end of the world (December 21, 2012): 13.0.0; .0.0
On December 21st we will enter in the 13th  batkun cycle, it seems like a good opportunity to drink Mexican beer and tequila. Actually the new baktun eve will be on December 20th. Some people think that there is only thirteen baktun cycles. Thus, December 21, 2012 would become 1.0.0.0; .0.0 (we added 1 piktun = 13 baktun ), but most experts agree that the long count remains a
vigesimal system   except for the tun which corrsepond to a year. With this system, both simpler and more logical, we will have to add a piktun on October 12, 4772 (the 19.19.19; .17.19).

 

 

"Extraordinary claims require extraordinary evidence. Since the beginning of time there have been literally hundreds of thousands of predictions for the end of the world, and we're still here." Carl Sagan

 

 


 

Sources : 

 

How the Mayan Calendar Works

by and

 

Strange Artifacts: The Aztec & Mayan Calendar

by Jonathan Gray


Convertisseur Grégorien Maya


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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 17:58

 

Etienne Klein est un physicien et un philosophe des sciences, amateur d'anagramme et qui pratique par ailleurs l'alpinisme. C'est aussi un excellent pédagogue, il a réalisé pour universcience.tv une série de quatres petites leçons afin d'expliquer ce qu'est la matière.

 

Galilée : l'universalité de la chute des corps

 

 

 

 

 

Newton : la masse ou le poids

 

 

 

 

 

Einstein : E=mc²

 

 

 

 

 

Alors masse ou énergie?

 

 

 

 

 

 


 

 

anagrammes-renversantes.jpg

Anagrammes renversantes, ou Le sens caché du monde

Etienne Klein en collaboration avec Jacques Perry-Salkow

 

 

Extrait :

 

Une « étreinte » devient-elle « éternité » que dès lors « la vérité » est « relative ».

 

« Le commandant Cousteau » = tout commença dans l’eau

 

« Albert Einstein » se métamorphose en « rien n'est établi »,

 

« Leonard Bernstein » en « l'art de bien sonner »,

 

« Charles Baudelaire » en « le labeur de sa chair »,

 

« Etre ou ne pas être, voilà la question » = Oui, et la poser n'est que vanité orale,

 

« L'origine du monde, Gustave Courbet » = Ce vagin où goutte l'ombre d'un désir...

 

« L'origine de l'univers ? » = Un vide noir grésille

 

L'accélérateur de particules = éclipsera l'éclat du créateur

 

 


Pour en savoir plus sr Etienne Klein.

Etienne Klein Libido Sciendi, de Ursula Bassler et Anaïs Prosaïc.

 

 

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 15:25

 

Un article intéressant dans le supplément Science du Monde : Les cellules souches : Eldorado pour escrocs

 

Un peu partout dans le monde, des cliniques privées proposent, à des prix exorbitant, des traitements qui ne reposent sur aucune base scientifique serieuse, et dont l'éfficacité et innocuité n'ont pas été prouvées.

 

"Aux Etats-Unis, fin décembre 2011, trois individus impliqués dans un trafic de cellules souches (issues de sang de cordon) entre le Texas et le Mexique ont ainsi été arrêtés"

 

"Le ministère de la santé chinois a proscrit, le 10 janvier, les essais n'ayant pas reçu l'approbation gouvernementale, et ordonné l'"arrêt immédiat" de telles pratiques."

 

"Y compris l'Allemagne : hébergée dans l'hôpital de Düsseldorf et dans celui de Cologne, la clinique XCell était célèbre bien au-delà de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Les malades venaient de toute l'Europe, voire d'encore plus loin, pour bénéficier de ses thérapies à base de cellules souches. [...] Agé de 18 mois, [un] nourrisson qui venait d'Italie a été victime en août 2010 d'une hémorragie cérébrale, à la suite d'une injection dans le cerveau de cellules souches provenant de sa moelle osseuse"

 

"Zandcell [une compagnie suédoise] met en avant la médecine régénérative, dit ne pas chercher à guérir de maladies mortelles. Il propose des "paquets" de 4 500 dollars (session énergisante ou "boost session"), 8 000 dollars ("antivieillissement") et 12 500 dollars (contre la "dégénération")"

 

cellule_souche_dpi.JPG

 

Plusieurs pays vont donc "partir en guerre" contre ces escrocs, sans réfléchir une seconde au faite que ces dérives sont la conséquence logique de leur propre législation. En France, par exemple, les différents débats sur la bioéthique ont largement ignorés l'opinion des chercheurs pour ne répondre qu'aux attentes des compagnies pharmaceutiques et des lobbies religieux. On aboutit donc à une loi "bancale" qui interdit freine la recherche fondamentale mais autorise les applications thérapeutiques. Ou comment jouer aux apprentis sorciers! Ainsi, la loi actuelle interdit les recherches sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires sauf dérogation pour les recherches « susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs », remplacé ensuite par « finalité médicale ».

 

Jean Leonetti, rapporteur de la Commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi relatif à la bioéthique, dans un article de La croix :

 

"En maintenant le principe de l'interdiction, on reste dans la philosophie du corpus législatif français, qui a toujours protégé l'embryon [...] même si la loi de 2004 est laïque, elle n'en conserve pas moins une vision spirituelle de l'existence."


"Pas question d’ouvrir la porte à tous types de recherches : celles-ci devront avoir une « finalité médicale », c’est-à-dire « avoir pour visée l’amélioration de la santé de l’homme, et non le savoir pour le savoir."

 

On a donc une logique purement commerciale de la recherche et une "diabolisation" des chercheurs puisqu'on reconnaît clairement que seul les religieux ont assez de spiritualité pour définir ce qu'est ma vie et différencier le bien du mal. C'est bien connu les chercheur ne sont que des intellectuels amoraux qui bidouillent des embryons pour satisfaire leur curiosité perverse! Encore une fois la Science se retrouve coincée entre le bigotisme religieux et la cupidité d'une société capitaliste....

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 14:31

Parfois il suffit d'une experience toute simple pour comprendre des phénomènes complexes.

 

Prenons une goutte qui tombe sur une surface liquide, si on film avec une caméra à grande vitesse, on voit qu'elle rebondit (grâce à la tension interfaciale). A chaque rebond une partie de l'énergie est dissipée ce qui créé une onde jusqu'à ce que la goutte se stabilise et fusionne avec la surface, créant une plus petite goutte, qui rebondit etc... (séquence à partir de 1 minute sur la vidéo ci-dessous)


 

 

 

On retrouve donc un système analogue à un système quantique (une onde et une particule). L'idée génial de Yves Couder (de l’université Paris VII) et son équipe est d'entretenir le rebond de la goutte en y apportant de l'énergie sous la forme d'une vibration de la surface avec des ondes acoustiques. En bidouillant un peu ils sont arrivé à contrôler le déplacement de la goutte pour créer un “marcheur“. Ils ont alors expérimenté la dualité onde-particule à échelle macroscopique et ils retrouvent avec ce système macroscopique les propriétés des particules quantique.

 

- Les gouttes interagissent entre elles via leurs ondes porteuses.

 

 

 

- Lorsqu'ils forcent un marcheur à orbiter (en faisant tourner le bassin), ces orbites sont discrètes comme pour une orbitale atomique.

 

- On retrouve même le classique effet tunnel, la goutte est enfermé dans une boite (les murs sont obtenue grâce à une différence de profondeur du bassin, qui est l'équivalent de la bande interdite dans un isolant). On voit bien l'onde évanescente qui traverse le mur et fini par "pousser" la goutte de l'autre côté.

 

 

- Enfin grâce à un mur équipé de fentes, ils ont aussi reproduit les figures de diffraction de la très fameuse expérience des fentes d’Young. En envoyant des électrons contre un mur équipé de deux fentes, on observe certains électrons ressortir pile entre les deux fentes comme s'il s'était séparé en deux pour passer dans les deux fentes et se rejoindre de l'autre côté. On observe la même chose avec une goutte, mais pas besoin de se casser la tête avec une particule qui passerait par deux fentes en même temps. Elle passe tout simplement par une des deux fentes mais son l'onde porteuse va interagir avec la deuxième fente et crée une deuxième onde qui modifie sa trajectoire (interaction constructive entre les ondes) et ainsi donner l'impression que la goutte est passé tout droit entre les deux fentes.

 

Note : pour être précis, on observe, derrière les fentes d'Young, les points d'impact des électrons qui forment des franges d'interférences. Ce phénomène est caractéristique de deux ondes (provenant chacune d'une des deux fentes) qui se rencontrent et interagissent. Le problème c'est qu'on observe toujours ces mêmes franges lorsqu'on envoi les électrons un par un! La question est alors comment fait un électron tout seul pour interagire avec les deux fentes? Il se divise en deux? Il se transforme en énergie? En faite c'est peut être tout con comme phénomène et cette experience montre bien : le marcheur passe par une seule fente mais son onde porteuse interagit avec les deux fentes ce qui permet d'avoir des franges de diffraction.

 

 

 

Ces travaux me semblent loin d'être anodins et pourraient révolutionner la physique quantique. En effet, si on pousse l'analogie, on en vient à ce demander qu'elle est l'équivalent de la tension interfaciale en mécanique quantique? En mécanique classique classique la tension interfaciale est dû à la minimisation des forces intermoléculaires : chaque molécule du liquide cherche à s'entourer d'autres molécules sembables. En effet, les molécules de liquide présente surface on moins de dégrée de liberté et sont donc moins stable, le liquide minimise alors ça surface en prenant une forme sphérique de goutte. La mécanique quantique n'apporte pas de notion équivalente qui permette de conceptualiser l'interaction (la "dualité") entre une onde et ça particule. Il y a bien l'équation de Schrodinger qui fait le lien entre la fonction d'onde et la densité de probabilité de la particule mais elle apporte un caractère probabiliste et pas vraiment de compréhension du phénomène. De plus, on peut se demander pourquoi en mécanique classique il faut apporter de l'énergie au système alors que le système quantique est auto-suffisant? Et qu'elle est la nature de l'onde associé à l'éectron? Electromagnétique? Oscillation du vide (création/anihilation d'un couple particule-antiparticule orienté)?... Tous cela est vraiment fascinant et ces expériences faciles à réaliser pourraient permettre aux physiciens de "redescendre un peu sur terre" (i.e. revenir un peu à la paillasse au lieu de développer des théories toujours plus complexes).

 

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 16:50

Mon dossier de qualification aux fonctions de maître de conférences est terminé. J'ai enfin un peu de temps à consacrer à ce blog alors je voulais revenir sur cette information.

 

Il s'agit d'une proposition de loi relative aux certificats d'obtention végétale, qui durcit système de propriété intellectuelle sur les variétés végétales : une semence produite dans une ferme (semences fermière) peut être, en droit, considérée comme une contrefaçon lorsqu'elle est tirée d’une variété végétale protégée par un Certificat d’Obtention Végétale (COV). Un agriculteur ne peut donc pas reproduire une variété protégée, sauf pour le blé ou la pratique des semences fermière est toléré en échange d'une "contribution volontaire obligatoire" (très joli oxymore qui n'est en faite qu'une taxe). Dans la pratique, bien qu'interdit, 50% des semences sont issues des cultures de l’année précédente. Les semenciers ne pouvant pas porter plainte contre tous les agriculteurs, la taxe appliquée pour le blé depuis 2001, va être étendu à toutes les autres semences

 

Cette information à déclencher une avalanche de commentaire sur lemonde.fr (205 commentaires et recommandé 29744 fois sur facebook) . Cela s'explique tout d'abord parce que le blé est un symbole culturel important dans notre inconscient collectif. C'est la première plante domestiquée par l'homme, qui a permis la sédentarisation et la création de notre civilisation, c'est lui qui nous donne notre pain quotidien, la nourriture par excellence, symbole de vie et de prospérité... Alors forcement quand des groupes industriels essayent de contrôler le marché des semences, le Français se révolte!


semeuse.gif

La Semeuse - dessin d'Oscar Roty

 

 

La deuxième point raison, c'est la déresponsabilisation et l'asservissement des agriculteurs qui ne sont plus qu'un rouage d'une industrie productiviste. De plus en plus, le citoyen est pris pour un con réduit au rôle de consommateur passif qui n'a même plus le droit de bidouiller un peu le bien qu'il a acheté. De l'autre côté de grand groupes industrielles protègent leur marché (les coopératives qui vendent les semences sont les mêmes qui achètent les récoltes) et verrouille leur technologie (voir même parfois en empiétant sur notre liberté et notre vie privée). Il est intéressant de lire Xavier Beulin le président du syndicat agricole FNSEA, plutôt favorable à cette loi, faire le parallèle avec HADOPI. Xavier Beulin est aussi à la tête du groupe Sofiprotéol, actionnaire de semenciers français comme Limagrain ou Euralis Semences). Il est assez scandaleux, alors que les agriculteurs souffrent d'une consante baisse de leurs revenus, d'introduire cette nouvelle taxe qui   privilégie encore le droit des semenciers. Surtout lorsqu'au même moment on apprend que les ventes pour l'exportation de semences ont progressées de 17% pour atteindre 1 081 millions d'euros en 2011 .

 

Troisième point : la définition d'une "variété"  protégée par un Certificat d'Obtention Végétale est incroyablement flou et manque totalement d'objectivité et de rigueur scientifique. Un variété peut être protégé si elle est différente, homogène et stable. Ces critères sont évalués de façon qualitative et plus ou moins arbitraire. La notion d'homogénéité va à l'encontre des études récentes qui mettent plutôt en avant la biodiversité comme facteur de résistance aux pathogènes. De plus, a réutilisation des semences par les agriculteurs contribue à la diversité des cultures (création de nouvelles "variétés") et donc, sur le long terme, une meilleur résistance aux pathogènes, aux aléas climatiques. Mais dans ce débat l'INRA reste muet, il s'agit pourtant de l'autorité scientifique la plus compétente sur le sujet. On se retrouve malheureusement au milieu d'un combat entre lobbyistes (semenciers vs écologistes), qui citent des études et autres rapports d'expertises n'ayant aucune valeur scientifique puisqu'ils ne sont pas validés via un procédé de "revue par les pairs" (pas de description du matériel et des méthodes utilisées, ni de déclaration des conflits d'intérêts). Il est donc impossible de comparer objectivement les semences certifiées (vendue par les semenciers), les semences fermières (réutilisation des agriculteurs) et les semences paysannes (semences opensource).

 

Champ_de_ble_derriere_lhospice89sr.gif

Champ de blé derrière l'hospice - 1889 - Vincent Van Gogh

 

Ce manque d'information scientifique est plus que regrettable alors même que la justification de cette taxe est le financement de la recherche. Je n'ai trouvé aucune information de l'INRA qui permettrait de comparer les avantages et les inconvénients des différentes semences. Il est très difficile de comparer les rendements de différentes semences à cause des nombreux facteurs qui peuvent entrer en jeu (surface exploitée, géographie, arrosage/irrigation, utilisation de produit phytosanitaire). De plus, il n'existe pas de définition standard du rendement agricole : les pesticides, par exemple, permettent d'augmenter le rendement en terme de quantité récoltée, mais comme il coûtent cher, il diminue d'autant le rendement économique. Il est donc impossible d'évaluer les bénéfices réellement apprortés par les semences certifiés. On ne demande d'ailleurs pourquoi cette taxe est prélever par semenciers plutôt que par les chercheurs de l'INRA? Le groupe Limagrain (1er semencier de France et 4ème mondiale) dédie près de 14% de son chiffre d'affaire à la R&D, avec 80 centres de recherches et 1300 chercheurs. Soit environ 16 personnes par centre de recherche! Il s'agit donc plutôt d'équipes de recherche à ce niveau. La seule recherche évoquée en France est l'amélioration des qualités gustatives du melon charentais! Il s'agit plutôt de développement : faire des croisements pour créer de nouvelles variétés afin de les vendre, pour un semenciers c'est presque de la production... Donc si l'on enlève le développement (qui n'est pas de la recherche) et qu'on déduit le crédit d'impôts recherche, il ne reste sûrement pas grand chose pour faire de la science... Il reste, en faite, des partenariats de recherche avec d'autres entreprises et le programme Genoplante avec la recherche publique ou l'on retrouve l'INRA et le CNRS. Ce projet est financer à 75% par le publique (INRA, CNRS, ANR, Regions...) et seulement 25% par des entreprise privée dont Limagrain. Il semble que la recherche des semenciers est déjà très largement financier par l'état, pourquoi en plus taxer les agriculteurs?

 

Pour finir, je rappelerai que la France a signé avec tous les membres de la FAO le "TRAITÉ INTERNATIONAL SUR LES RESSOURCES PHYTOGÉNÉTIQUES POUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE"


"Article 5 :  Chaque Partie contractante (...) s’emploie en particulier à encourager ou soutenir, selon qu'il convient, les efforts des agriculteurs et des communautés locales pour gérer et conserver à la ferme leurs ressources  phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture"

 

 

 

 


 

Sources :

 

project "Genoplante"

 

project "Farm Seed Opportunities"

 

Semences paysannes en Europe : enjeux et perspectives 

Cahiers Agricultures. Volume 17, Numéro 2, 216-21, Mars-Avril 2008 

 

Direct seeding: research strategies and opportunities

Par Sushil Pandey, International Rice Research Institute

 

L'Institut Jean-Pierre Bourgin (INRA)

Groupe Limagrain Holding

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 15:37

Pas trop le temps de publier sur mon blog ; qualif de maître de conférence, dossier de chargé de recherche, rédaction de publies, manip, manip, manip...

 

Je tenais quand même à faire un petit best-of des documentaires vu sur france5 et arte à l'occasion de la fête de la science :

 

 

Espèce d'espèce

 

Ce documentaire a remporté en 2008 le Grand prix Pariscience qui récompense le meilleur film au festival international du film scientifique, Pariscience. Réalisé par Denis van Waerebeke avec la collaboration de Vincent Gaullier et le concours de Ex nihilo, France 5, Arte, CNRS et du MNHN.

 

"Le film fait un point sur les connaissances actuelles et rectifie quelques idées reçues sur l’évolution : non, nous ne descendons pas du singe, le singe descend auprès de nous d’un ancêtre commun. Non, nous ne sommes pas plus « évolués » qu’une bactérie : nous, nous avons inventé la science, la philatélie et les crêpes suzette ; elle, elle est capable de se reproduire 14 fois par minute à une température de 100°C. Essayez d’en faire autant !

Des thèmes comme la systématique (classement des espèces) ou le buisson de l'évolution sont montrés et démontrés de façon intelligente et facile d'accès." © Hominidés.com

 

 


 

Marie Curie au delà du mythe

 

"De sa naissance à Varsovie en 1867 jusqu'à son entrée au Panthéon en 1995, la vie et l'oeuvre de Marie Curie ont valeur de légende scientifique. Arrivée à Paris en 1891, Maria Sklodowska s'inscrit à la Sorbonne où ses brillants résultats ne tardent pas à la faire remarquer. Pierre Curie, qui affirmait que "les femmes de génie sont rares", tombe sous son charme et la convainc de poursuivre ses travaux en France. En 1903, leurs découvertes communes sur les radiations sont récompensées par l'obtention du prix Nobel de physique (partagé avec Henri Becquerel). Le couple sort de l'anonymat, mais la fatalité les rattrape : en 1906, Pierre meurt dans un accident de la circulation. Anéantie par cette perte, la scientifique se réfugie dans la recherche, avec le succès que l'on sait : elle reçoit le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur le polonium et le radium en 1911. Cent ans plus tard, celle qui a révolutionné notre conception du monde et de la matière incarne toujours un modèle. Mais qui était-elle vraiment ?"

 ARTE (Association Relative à la Télévision Européenne) est un Groupement Européen d’Intérêt Economique (G.E.I.E.)

 

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 11:28

Les chercheurs de la collaboration OPERA, ont détecté des particules (neutrino) filant plus vite que la lumière. Le neutrino est une particule élémentaire du modèle standard de la physique des particules. L’existence du neutrino a été postulée pour la première fois en 1930 par Wolfgang Pauli pour expliquer la désintégration bêta afin que la conservation des nombres quantiques soit respectée ("rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme" même en physique quantique!). Il fut mis en évidence expérimentalement en 1956. Longtemps sa masse fut supposée nulle, mais bien que celle-ci n'ait encore jamais été mesurée il est admis qu'elle ne l'est pas. En effet, plusieurs expériences ont démontré que les neutrinos pouvaient changer de saveur (électronique, muonique et tauique) par le phénomène d'oscillation, qui ne peut se produire que si le neutrino est massif. Les neutrinos de l'expérience OPERA sont produits par le CNGS (CERN Neutrinos to Gran Sasso), le faisceau rouge qui part à droite sur le schéma du LHC à Genève.


LHC.jpg



Ils parcourent 730 km jusqu'au détecteur OPERA situé à Gran Sasso. Ce détécteur est composé d'un ensemble de 150 000 briques de 8,3 kg, elles-mêmes composées d'un empillement feuillets de plomb et de plaques photographiques (photo ci-dessous).


20-mai-0057_2_-2-1780a.jpg


L’expérience OPERA a pour but de caractériser les propriétés des neutrinos (les oscillations de saveurs). Le nombre d'évènements mesurés étant faible, les chercheurs se sont occupés à calibrer la manip et à vérifer si tout marchait bien en mesurant, entre autre, la vitesse des neutrino, et là surprise! Les neutrinos dépassent la vitesse de la lumière dans le vide! Après six mois pour vérifier tous les calculs et les possibles erreurs de mesure (la gravité de la Lune, le tremblement de terre des Abruzzes...) le résultat reste inexpliqué. A cours d'idée, les chercheurs ont donc décidé de publier leurs résultats afin qu'ils soient évalués par leurs pairs, le fonctionnement classique de la communauté scientifique.

 

Cette découverte a créé un petit "buzz" sur le net, repris par les médias avec des titres sensionnels (et accessoirement faux) du genre "Einstein avait tort". Comme si la découverte de la relativité d'Einstein avait donné tort à Newton alors qu'on utilise toujours sa théorie pour construire des maisons. On utilisera toujours la relativité pour faire fonctionner nos GPS. On assistera probablement à une extension de la théorie existante vers de nouvelles frontières expérimentales. Le travail scientifique, fruit du sérieux et de la patience, n'est décidément pas adapté au rythme des médias. Cependant il semble aussi que le CERN ne soit pas tout à fait prêt à gérer l'engouement du public (24h pour mettre à jour leur site!). Une conférence a été organisée, et devait être passionnante, mais pas filmée! Donc d'un côté, les scientifiques se plaignent du désintérêt du grand public pour la science et de la piètre qualité du journalisme scientifique. Et d'un autre côté lorsqu'un résultat arrive à captiver l'opinion publique, les scientifiques ne sont pas capables de contrôler leur communication (le CERN doit pourtant avoir un service communication et un attaché de presse!).


 

 L'autre chose que je trouve intéressante dans cette histoire c'est qu'OPERA est une expérience "annexe" du LHC. En effet, ce temple de la physique n'est pas là uniquement pour trouver le boson de Higgs (stupidement appeler particule de Dieu) mais on y étudie aussi la physique des plasmas, la supersymetrie, l'antimatière, la matière noire, les nouvelles dimensions, les rayons cosmiques, les noyaux instables d'ions lourds, les oscillations de saveurs neutrinos, etc. Pourtant, lors de son inauguration, la communication s'est concentrée seulement sur le boson de Higgs, alors qu'il aurait fallu mettre en avant la diversité des recherches menées et la multitude de questions auxquelles se confrontent les physiciens. C'est un problème récurrant dans la recherche ou l'on finance, à grands coups de subventions, des "projets d'excellence" bien visibles et en oubliant la pluralité de la physique, domaine passionnant, riche et vaste.

 

Il s'agit d'un résultat surprenant mais qui reste à reproduire notamment au Japon (expérience T2K) mais sur 300 km seulement, ce qui prendra probablement plusieurs années. J'espère que le service de comunication du CERN sera prêt d'ici là...

 

 


Le site officiel du CERN

 

Le site de l'expérience OPERA

 

Le neutrino (Wikipédia)

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 10:41
I've just find an interesting video about the origin of life. 
 
First, we must keep in mind that the origin of Life has nothing to do with Darwin's theory, which only explains the evolution of life. The study of the generation of Life from non-living matter is called abiogenesis. It describes the complexification of (relatively) simple physicochemical processes, leading to the elaborate structures that make up today's Life: carbohydrates (sugar), proteins and lipids (fat). This scientific field is much more elegant than the way too-simple "Primordial soup" theory, which sound like spontaneous generation (lightning striking a mud puddle and ta-da! It's alive!).

Briefly, lipids in water formed droplets, under certain conditions these droplets became vesicles (oil droplets with a water droplet inside, a sort of oily "capsule"). These capsules are semi-permeable, thus small molecules can enter and exit (nitrogen bases, phosphates, sugars, forming nucleotides). Then, two physicochemical phenomena will shake everything up :  

1 - The more 
nucleotides within the capsule, the more this capsule can "eat" other capsules (osmotic pressure).

2 - The nucleotides can polymerized (attached each other via chemical bonds), the molecule thus formed (nucleic acid) is larger and finds itself "trapped" inside the capsule.

Hence
, there is competition between the capsules for accumulation of nucleotides through nucleic acid formation (polymerization).

This is the "primitive cell", random chemical reactions will occur over millions of years leading to the accumulation and complexification of nucleic acids, modifying their role in this cell : formation of
  stable polymers, self-catalysis (proto-enzyme), enhance membrane permeability, utilization of outside energy (heat, light, oxygen...) to improve their performance ...

And Chemistry became Biology...



Traduction

Je viens de découvrir une vidéo intéressante expliquant l'origine de la vie.

 

Tout d'abord, il faut rappeler que l'origine de la vie n'a rien à voir avec Darwin qui n'explique que l'évolution de la vie. L'étude de la génération de la vie à partir de la matière non vivante, s'appelle l'abiogénèse. Elle décrit la complexification des processus physico-chimiques (relativement) simples qui conduit à des structures plus élaborées qui composent aujourd'hui la vie : les glucides (sucre) les protéines et les lipides (le gras). Ce domaine de recherche scientifique est en fait beaucoup plus élégant que la trop simpliste théorie de la "soupe primordiale", qui ressemble à une génération spontanée (la foudre frappe une flaque de boue et ta-da! c'est vivant!).

 

Pour faire simple ; les lipides en solution dans l'eau forment des gouttelettes, dans certaines conditions ces gouttelettes deviennent des vésicules (gouttelettes huile avec un gouttelettes d'eau à l'intérieur : une sorte de "capsule" d'huile). Ces capsules sont semi-perméables et des petites molécules peuvent rentrer et sortir (les bases azotées, les phosphates, les sucres, qui forment les nucléotides). C'est la que deux phénomènes physico-chimiques vont tout faire basculer :

 

1- Plus la capsule contient de nucléotides, plus elle peut "bouffer" d'autres capsules (pression osmotique).

 

2- Les nucléotides peuvent polymériser (s'attacher les uns les autres par des liaisons chimiques), la molécule ainsi formée (acide nucléique) est donc plus grosse et se retrouve "coincées" à l'intérieur de la capsule.


On a donc compétition entre les capsules par accumulation de nucléotides via la formation d'acides nucléiques (polymérisation).

 

C'est la "cellule primitive", les réactions chimiques aléatoires vont avoir lieu pendant des millions de d'années ce qui va entraîner l'accumulation et la complexification des acides nucléiques, modifiant au passage leur rôle dans cette cellule : formation de polymères plus stable, auto-catalyse (proto-enzyme), modification de la perméabilité de la membrane, utilisation de l'énergie du milieu (chaleur, lumière, oxygène...) pour améliorer leur rendement...

 

Et la Chimie devient Biologie...

 




Références :
Jack William Szostak, 2009 Nobel Prize for Physiology or Medicine

 

Traduction de la vidéo : Strange Stuff And Funky Things

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 16:45

During research dives in Indonesia (Sulawesi and Bali), Mark D. Norman, Julian Finn and Tom Tregenza discovered a new specie of octopus. The 'mimic octopus' can display a repertoire of postures and body patterns, several of which are clearly impersonations of venomous animals co-occurring in this habitat. The octopus decides on the appropriate form of mimicry to use depending on the nature of the threat: it has been seen posing as a lion fish, a sea snake and a sole.

 

 

 

 


Journal reference: Proceedings of the Royal Society B, DOI: 10.1098/rspb.2001.1708

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